Rencontre avec Frédérique Leroy // Costumière de cinéma

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-BruxellesVous êtes-vous déjà demandé comment prenait vie le vestiaire porté à l’écran, dans vos films préférés, par les acteurs ? Parmi les métiers de la mode et du costume de spectacle, j’avoue toujours avoir été fascinée par la profession de costumier de cinéma. Une fascination décuplée lorsque, pour le tournage de L’Aréoport, le prochain long-métrage d’Eric Judor, je me suis retrouvée au milieu de dizaines de tringles de vêtements des années 1980, requis pour contribuer à construire l’intrigue et l’identité des personnages. C’est là que j’ai fait la connaissance de Frédérique Leroy, costumière à la filmographie joliment fournie. Inutile de taper son nom sur Instragram ou sur Facebook, elle ne partage pas à coups d’hashtags sa riche activité sur les plateaux. Volontairement discrète, aussi charmante et stylée que talentueuse, elle a accepté de se prêter au jeu de l’interview. Récompensé depuis 1985 par le César des meilleurs costumes, en quoi consiste le travail des costumiers de cinéma, indispensable et pourtant peu connu du grand public ? En ce premier jour de la 68e édition du Festival de Cannes, réponse avec Frédérique Leroy !

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-1« Après une première expérience dans l’univers féerique d’un chapelier belge, je suis partie travailler dans le prêt-à-porter à Paris où je me suis familiarisée avec les codes vestimentaires de la mode. De retour en Belgique quelques années plus tard, avec un désir de costume plus que de mode, une amie, Géraldine Picron, m’a proposé de l’assister sur Calvaire, un long-métrage du réalisateur Fabrice Du Welz. Ensuite, les rencontres ont fait les expériences. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-2« Non, pas vraiment une spécialité mais une préférence pour les films d’époque. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-3« Chaque projet est particulier mais, en règle générale, tout commence par un coup de fil de la production. On reçoit un scénario. Ensuite, on rencontre le réalisateur qui fait son choix en fonction des affinités et des univers proposés. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-4« On commence par un dépouillement. Cela consiste à décrire le costume complet, de la tête aux pieds, de chaque comédien au fil du scénario. Ensuite l’organisation du plateau se fait en fonction de celui-ci. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-5« Pour un film dit « d’époque », cela peut aller de quelques mois à une année complète alors que pour un film dit « contemporain » cela prendra quelques semaines. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-6« Oui, chaque tenue est passée en revue avec le réalisateur. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-7« Pour les films contemporains, l’essentiel du travail consiste en des achats boutiques, des prêts par les marques ou les bureaux de presse. Pour les films d’époque, il s’agit de location et de fabrication. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-8« Une très jolie robe vintage Yves Saint Laurent, noire en dentelle qui a tourné dans Cloclo de Florent Emilio Siri. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-9« Ce n’est pas exclu, à condition que la production donne son accord. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-10« Lorsque les gens abordent ce métier, ils pensent surtout à la part de créativité et au côté artistique. Mais cela ne suffit pas : l’organisation, la rigueur et une bonne dose de psychologie sont des compétences tout aussi importantes. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-11« Au début, je refusais les projets à l’étranger car je voulais voir grandir ma fille. Aujourd’hui, ma fille a grandi et je m’absente plus facilement. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-12« Dans le cadre d’un film, je n’ai pas vraiment de boutiques fétiches, je préfère garder l’esprit ouvert : on peut trouver la pièce qui manque dans une boutique de luxe, aux puces ou dans les grandes chaînes. Dans un cadre plus privé, à Bruxelles, le quartier Dansaert et les alentours de la place Brugmann regorgent de petites boutiques magnifiques. A Paris,  j’aime aller au Bon Marché Rive Gauche et dans le Marais. »

Frédérique Leroy-Costumière de cinéma-Bruxelles-13« Je suis un soldat, le long métrage de Laurent Larivière récemment sélectionné au Festival de Cannes 2015 dans la catégorie Un Certain Regard. C’est un film où régnait une atmosphère d’écoute et de collaboration en toute confiance qui m’a particulièrement touchée. »

 Photo: Sven Laurent // La filmographie de Frédérique Leroy.

Frédérique Leroy-Costumière-By Sven Laurent

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